La collégialité, vraiment ?

20 septembre 2013

L’Assemblée universitaire a repris ses activités le 16 septembre. Le SGPUM continue la publication de ses Chroniques détaillées. S’ajoute un résumé signalant les hauts et les bas dans la vie de cette instance.

Alors que plusieurs dossiers continuent de poser problème à l’Université de Montréal, la première séance de l’Assemblée universitaire a donné un exemple de ce que peut être la collégialité. Pas la collégialité idéale, c’est certain. Mais tout au moins le petit bout de chemin parcouru quand on accepte de discuter de sujets qui ont une importance pour la communauté universitaire et quand on permet la délibération en vue de l’intérêt commun.

C’est ce qui s’est produit, dans une certaine mesure, lorsque l’Assemblée a été saisie d’une proposition, venue de représentants professoraux, visant la création d’un comité de révision des pratiques et de la politique de sécurité à l’Université de Montréal. La démarche, bien sûr, visait à tirer des leçons des événements qui ont secoué le campus au printemps 2012. Plus d’une composante de la communauté universitaire considéraient qu’il fallait revenir sur ces graves événements. Du côté du rectorat, il y avait une résistance manifeste à un exercice qui viserait à établir des fautes et à s’ingérer dans le détail des décisions prises par les instances administratives. La question fondamentale des prérogatives de l’Assemblée universitaire a même été soulevée par le recteur. Qu’en est-il ressorti ? Aucune de ces questions de fond n’a certes été tranchée ni fait l’objet d’un consensus. Néanmoins, la proposition initiale a été amendée jusqu’à prendre une forme acceptable pour la grande majorité, et la politique de sécurité de l’Université, dont l’actuelle version date de huit ans, sera soumise à un examen critique par un comité regroupant 11 membres représentant toutes les composantes de la communauté universitaire. Une discussion de fond incluant tous les membres de l’AU devrait avoir lieu en février à la lumière des analyses et recommandations qui en découleront.

Qu’on ne s’y trompe pas, les travaux des comités de l’AU n’apportent pas toujours des dénouements satisfaisants, du moins dans l’immédiat. C’est le sort qu’ont connu ceux du Comité sur la représentativité des instances, dont le rapport témoigne de positions apparues irréconciliables, au point où le comité s’est abstenu de faire toute recommandation. Pourra-t-on se contenter d’un cul-de-sac sur une question aussi importante? Il faudra nécessairement laisser encore la chance aux échanges de vues et à la recherche de solutions. Le sujet reviendra vraisemblablement à l’ordre du jour des séances en cours d’année.

D’autres dossiers sont tellement techniques qu’ils semblent ne rien avoir à voir avec cette idée d’une gestion collégiale. C’est le cas de SYNCHRO, cet immense échafaudage technologique dont les modules sont pourtant une présence bien tangible, de différentes manières, dans le quotidien de tous les membres de la communauté universitaire. On ne peut que constater tous les efforts qu’exige l’implantation de ce système qui est loin d’être fait sur mesure pour notre Université. Les nombreuses interventions à l’AU depuis une année donnent toutefois à penser qu’une concertation plus étroite avec les principaux groupes d’utilisateurs dès les premières étapes – voire dans le choix même du système de gestion – aurait conduit à des résultats mieux adaptés aux besoins.

Plusieurs autres préoccupations émergent des discussions à l’Assemblée universitaire, qu’il s’agisse du processus d’attribution des chaires de recherche, des prises de position faites au nom de l’Université dans le cadre du Sommet sur l’éducation supérieure et de ses Chantiers, ou encore de cette intention annoncée par le recteur de demander une exemption institutionnelle advenant l’adoption de la Charte des valeurs.

Dans ces dossiers, la notion de collégialité qui semble guider les agissements de la direction de l’Université se limite à trois éléments : l’initiative du recteur et des vice-recteurs, la participation des doyens et le contrôle du conseil d’administration.

Pourquoi ne pas inclure davantage, sans attendre que la pression détériore le climat, une Assemblée universitaire qui estime avoir quelque chose de positif à offrir ?

Lire les Chroniques de l'Assemblée universitaire du 16 septembre 2013


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