Conseils sur la constitution du dossier de promotion – Compte rendu de la séance d'information du 15 avril 2011

Chaque année, le SGPUM tient à l’intention de ses membres, et en collaboration avec le BPE, une séance d’information sur la constitution et l’évaluation du dossier de promotion. Voici un compte rendu des échanges qui ont eu lieu le 15 avril 2011 avec M. Joseph Zayed, président du Comité d’évaluation. Mme Anne-Marie Boisvert, vice-rectrice aux ressources humaines et membre du Comité de promotion (COPROM) était aussi présente pour répondre aux questions des professeurs. La rencontre était animée par le président du SGPUM, M. Jean Portugais, qui a apporté des explications complémentaires en référence à la convention collective.

Le compte rendu comprend trois volets :

  1.  Les conseils généraux formulés par le président du Comité d’évaluation;
  2.  Quelques conseils complémentaires de la vice-rectrice aux ressources humaines;
  3.  Les réponses aux questions posées par les professeurs présents à la séance.

Le SGPUM suggère par ailleurs aux professeurs qui ont l’intention de demander l’agrégation ou la titularisation de consulter les Fiches pratiques sur la carrière professorale, qui fournissent plusieurs renseignements utiles et des renvois à la convention collective. Une section des fiches porte précisément sur le Dossier de promotion (ou « dit d’évaluation »).

Enfin, pour toute question relative au processus de promotion, les membres du SGPUM sont invités à communiquer par courriel ou par téléphone avec leur syndicat.


LES CONSEILS GÉNÉRAUX DU PRÉSIDENT DU COMITÉ D’ÉVALUATION

Présentation de M. Joseph ZAYED (15 avril 2011)

Être convaincu de la qualité de son dossier
Il arrive que des obstacles surviennent au cours du processus de promotion et que le professeur n’obtienne pas tous les appuis souhaités. Il est donc important d’être soi-même convaincu de la qualité de son dossier pour traverser d’éventuelles difficultés.

Répondre aux critères concernant les quatre volets de la tâche professorale
Pour obtenir une promotion, le professeur doit avoir démontré des aptitudes (agrégation) ou s’être distingué (titularisation) dans les quatre volets de la tâche professorale : enseignement, recherche, contribution aux activités de l’institution et rayonnement universitaire. Même s’il y a lieu de tenir compte des circonstances de la réalisation de la charge de travail pour moduler dans une certaine mesure son dossier, d’aucune façon l’exercice d’une tâche ne peut excuser la non réalisation d’une autre tâche selon les critères établis.

Fournir des évaluations d’enseignement
Le Comité d’évaluation s’attend à retrouver des évaluations de l’enseignement effectuées par les étudiants dans le dossier du professeur. Toutefois, rien n’empêche le professeur d’effectuer une sélection afin de bien mettre en valeur son enseignement. Au-delà de ces évaluations, le Comité d’évaluation se fonde sur l’évaluation par les pairs, soit l’avis de l’assemblée départementale sur la qualité de l’enseignement et du matériel pédagogique du professeur.

Rendre compte des activités d’encadrement aux 2e et 3e cycles
Selon la nature du programme, il convient de préciser le nombre d’étudiants dirigés à la maîtrise dans le cadre d’un mémoire de recherche, de travaux dirigés ou d’un stage. Le Comité d’évaluation n’apprécie pas les dossiers de titularisation de professeurs qui n’ont jamais encadré d’étudiants en vue de l’obtention d’un doctorat. Le Comité d’évaluation s’attend par ailleurs à retrouver une certaine cohérence dans le dossier du professeur. Ainsi, il serait normal qu’un professeur ayant encadré plusieurs étudiants affiche des publications où un certain nombre d’étudiants figurent comme coauteurs.

Avoir obtenu des subventions de recherche correspondant à son profil*
Le Comité d’évaluation tient compte des particularités du domaine disciplinaire du professeur. Il convient que certaines facultés sont orientées vers la création plutôt que vers la recherche, tandis que d’autres ont un profil professionnel. Le professeur doit avoir obtenu des subventions d’organismes subventionnaires « classiques », c’est-à-dire ayant un processus d’attribution impliquant une évaluation par les pairs. Idéalement, il devrait avoir obtenu une ou deux subventions comme premier chercheur. Quand le professeur ne compte aucune subvention où il est le premier chercheur, il devrait en expliquer les raisons dans sa lettre de présentation, mais en faisant très attention au choix des termes afin que cela ne soit pas perçu comme une faiblesse. Il n’existe aucun critère fixe concernant le montant des subventions que le professeur serait tenu d’obtenir.

* Remarque de M. Jean Portugais : Il y a lieu de distinguer entre les éléments évaluables et les indicateurs de l’activité de recherche : « Les indices de l’activité de recherche ne s’ajoutent pas comme tels aux éléments évaluables déjà mentionnés au point 2.4.2. Ces éléments d'information, déjà contenus au formulaire de mise à jour du curriculum vitae, sont considérés comme pertinents mais ne sauraient d'aucune façon remplacer les éléments évaluables. » Annexe III – Guide pour l'évaluation de l'activité de recherche des professeurs pour fins d'évaluation statuaire – II. Évaluation de l'activité de recherche

Avoir publié dans des revues avec évaluation par les pairs ou sous d’autres formes reconnues
Outre la forme de publication la plus couramment reconnue, soit dans une revue scientifique avec évaluation par les pairs, le dossier peut faire mention de chapitres de livre ou de publications gouvernementales. Étant donné la variété des pratiques selon les disciplines, il faut savoir à quel statut correspondent les positions de premier ou de dernier auteur parmi les signataires d’un article. La présence de professeurs de différentes disciplines au sein du Comité d’évaluation permet d’interpréter ces éléments. Le Comité d’évaluation sait aussi reconnaître les particularités de certains domaines où une création artistique peut devenir l’équivalent d’une publication.

Sur le plan du rayonnement, avoir participé à des congrès internationaux
Les congrès ayant lieu à Montréal peuvent être reconnus, le cas échéant, à titre de congrès internationaux; il est donc important de préciser, si tel est le cas, la nature internationale des congrès auxquels le professeur a participé au Québec. Par ailleurs, on souhaite que le professeur ait tout de même assisté à un ou deux congrès à l’étranger.

Savoir mettre en valeur les distinctions obtenues
Le professeur qui a obtenu des prix et des bourses doit bien évidemment mettre ces formes de reconnaissance en valeur, mais sans « inflation ».

Avoir contribué au fonctionnement de l’université
Il peut s’agir d’une participation à des comités départementaux, de charges administratives ou des fonctions syndicales. Ces activités ne peuvent justifier un désengagement par rapport aux autres tâches professorales.

Présenter des lettres d’appui
Il faut faire attention aux conflits d’intérêts. Des mécanismes sont prévus pour éviter que le professeur lui-même demande à de proches collègues ou à des collaborateurs des lettres d’appui.

Réunir un dossier complet et ordonné
Étonnamment, certains professeurs présentent des dossiers incomplets. Par exemple, l’omission d’une seule page du curriculum vitae se rapportant à des publications peut avoir des conséquences désastreuses. Aussi, des professeurs négligent de bien regrouper leurs activités, et cela est à leur détriment. Il faut par ailleurs éviter l’inflation – par exemple, il faut éviter de présenter une même publication sous différentes rubriques.

Prendre un grand soin à rédiger sa lettre de présentation
On s’attend en général à une lettre de présentation de deux ou trois pages, rédigée dans un style concis. Celle-ci doit attirer l’attention du lecteur sur les éléments synthèses du dossier, en faisant ressortir la performance dans chaque volet de la tâche et en apportant les éléments contextuels pertinents. Il importe de choisir très judicieusement ses mots, en évitant de présenter ses activités sous un angle négatif. Par exemple, les phrases commençant par « Bien que… » tendent à traduire une approche qui met peu en valeur les réalisations d’un professeur. Il n’y a aucune raison de se discréditer soi-même! Cependant, il convient de mentionner les situations particulières (congé de maladie, congé parental, etc.) susceptibles d’avoir eu une influence sur le cheminement de la carrière.

S’assurer de l’appui des collègues au premier niveau
Les dossiers qui connaissent des difficultés au niveau du Comité de promotion sont souvent les dossiers qui étaient « mal partis » au niveau de l’unité. Le professeur devrait considérer avec sérieux les commentaires de ses collègues, surtout si les avis négatifs tendent à se répéter.

Se prévaloir de la présence d’un accompagnateur s’il y a recours au Comité d’évaluation
Le professeur qui se présente devant le Comité d’évaluation a le droit de se faire accompagner par son doyen, par son directeur, par un collègue, par un professeur retraité ou au autre. Le professeur a intérêt à s’assurer que cet accompagnateur est disposé à faire valoir des éléments pertinents et favorables au professeur. Par exemple, la simple évocation de conflits interpersonnels au sein de l’unité et qui auraient nui au juste traitement du dossier n’est pas une contribution que le Comité acceptera comme défense du dossier du professeur.

Bien cibler sa présentation orale s’il y a recours devant le Comité d’évaluation
S’il y a recours et présentation orale du professeur devant le Comité d’évaluation, il n’est pas nécessaire que le professeur revienne au cours de sa présentation sur les éléments déjà reconnus comme étant les points forts de son dossier. Il devrait plutôt entretenir le Comité des raisons pour lesquelles ses faiblesses devraient être considérées sous un angle différent, qui justifie sa promotion. Les rencontres avec le Comité d’évaluation durent en général 45 minutes. Les 15 premières minutes sont allouées à la présentation orale du professeur, suivies de 15 minutes accordées à l’accompagnateur, puis de 15 ou 20 minutes d’échanges et de questions.

 

QUELQUES CONSEILS COMPLÉMENTAIRES DE LA VICE-RECTRICE AUX RESSOURCES HUMAINES, Mme Anne-Marie BOISVERT

  • Il faut considérer le fait que, l’an dernier, 122 des 129 dossiers de promotion ont reçu une réponse positive du Comité de promotion. L’année précédente, la proportion était de 130 sur 141. En majorité, les refus se rapportent à des demandes de titularisation.
  • Il faut prendre soin de n’inclure dans son dossier que les années pertinentes, soit la période qui s’est écoulée depuis l’engagement ou la dernière promotion.
  • Même si plusieurs disciplines sont représentées au sein du Comité de promotion et du Comité d’évaluation, il faut s’assurer de rendre son dossier de promotion compréhensible aux yeux des professeurs d’autres secteurs disciplinaires qui seront appelés à l’évaluer.
  • Il est judicieux de monter son dossier de promotion au fur et a mesure de ses réalisations. Ainsi, quand approche la date limite pour sa soumission, le professeur peut se concentrer sur la rédaction de sa lettre de présentation.

 

LES RÉPONSES AUX QUESTIONS DES PROFESSEURS

Question : Le questionnaire destiné à l’évaluation de l’enseignement auquel doivent répondre les étudiants comprend certaines questions – par exemple, sur les travaux dirigés – qui ne s’appliquent pas toujours aux cours du professeur, et pour lesquelles il peut recevoir un pointage de « 0 », qui baisse sa note globale. Que faut-il faire dans une telle situation : contester les évaluations des étudiants ou simplement expliquer la situation au comité?

Réponse de M. Zayed : Dans une telle situation, il y aurait peut-être lieu que le professeur rencontre son directeur de département pour voir avec lui comment faire en sorte que l’évaluation porte exclusivement sur les composantes de son enseignement. Il faut faire tout le nécessaire pour enlever les marques de ce type qui nuisent au dossier du professeur. Tant que le dossier n’a pas été déposé, il est possible de le remanier.

Réponse de M. Jean Portugais : La convention collective, à la clause CP 4.04, prévoit en outre la possibilité, pour le professeur, d’ajouter à son dossier des commentaires et observations à chacune des étapes du processus d’évaluation.


Question : Devrait-on joindre à son dossier les lettres de remerciements reçues de collègues ou d’étudiants?

Réponse de M. Portugais : Étant donné qu’il est de la responsabilité du professeur de constituer son dossier de promotion, il lui revient de prendre cette décision, s’il juge que le contenu des documents en question est pertinent.

Réponse de Mme Boisvert : Il n’est pas pertinent d’ajouter des lettres de remerciement qui porteraient sur l’enseignement, puisque ce volet du travail professoral fait déjà l’objet d’évaluations formelles. De telles lettres peuvent toutefois être pertinentes pour mettre en valeur un aspect des activités du professeur qui ne fait pas l’objet d’une évaluation formelle.


Question : Est-il d’usage à l’Université de Montréal de demander à des étudiants des lettres de soutien à la demande de promotion d’un professeur?

Réponse de M. Zayed : Un professeur peut décider de joindre à son dossier des lettres d’appui venant d’étudiants, mais celles-ci n’auront qu’un poids minime comparativement à des lettres d’appui provenant de pairs.


Question : Comment peut-on s’assurer que le comité sait que, dans un domaine particulier, par exemple, les études menant à des publications sont généralement longues, ce qui signifie qu’au bout du compte le professeur comptera moins de publications que des collègues d’autres disciplines.

Réponse de Mme Boisvert : On essaie qu’il y ait une variété de disciplines au sein du Comité de promotion. En outre, celui-ci développe en quelque sorte une mémoire, une expertise en la matière. Cela dit, il est judicieux que le professeur ne tienne pas pour acquis que toutes les particularités de son domaine seront comprises et devrait donner des explications concernant certains éléments importants. En outre, il convient de clarifier ces aspects avec son directeur de département, car celui-ci est appelé à faire une mise en contexte du dossier dans son avis.


Question : Est-ce que l’on se sert du Citation Index dans l’évaluation du volet publications des dossiers de promotion.

Réponse de M. Zayed : Le Comité d’évaluation n’utilise pas cette référence.

Réponse de Mme Boisvert : Le Comité de promotion n’utilise pas non plus cette référence

Réponse de M. Portugais : Cependant, le professeur qui estime que cette donnée lui est favorable peut choisir d’en faire mention dans sa lettre de présentation.


Question : Dans les unités où se côtoient différentes écoles de pensée, que faire quand les personnes chargées de d’évaluer un dossier ont des conflits d’intérêts avec le professeur qui fait la demande de promotion?

Réponse de M. Portugais : Normalement, il ne devrait pas y avoir de conflit d’intérêts entre la personne qui évalue le dossier et la personne qui soumet la demande de promotion. Les professeurs devraient entrer en contact avec leur syndicat s’ils se retrouvent dans des situations véritablement conflictuelles.

Réponse de M. Zayed : Le Comité d’évaluation représente une occasion unique d’aborder type de problème, qui survient régulièrement. Il s’agit d’une réalité. Les explications relatives à un conflit d’intérêts ne devraient toutefois jamais occulter les éléments sur lesquels le Comité d’évaluation doit se fonder pour évaluer la performance du professeur. Par exemple, un professeur qui compterait 12 publications et dont le dossier aurait été jugé très faible sur ce plan dans son unité d’attachement pourrait démontrer au Comité d’évaluation qu’il s’agit d’un nombre de publications tout à fait acceptable, sur une base comparative, dans son domaine.

Réponse de Mme Boisvert : Oui, cela existe, les divergences idéologiques dans les départements. Le Comité de promotion et le Comité d’évaluation ont une certaine expertise pour les voir dans les dossiers. Aussi, si un vote est marqué par ce type de divergences au niveau du département, mais qu’il ne l’est plus au niveau de la faculté, le conflit devient marginalisé et le jugement négatif n’a plus de poids.

 

Question : Étant donné qu’il peut s’écouler près d’une année entre le moment où est déposé le dossier et le moment où est officiellement accordée l’agrégation, et puisque qu’on ne peut ajouter de pièces au dossier après son dépôt, quelle sera par la suite la période pertinente pour constituer le dossier d’une demande de titularisation?

Réponse de M. Portugais : Logiquement, la période pertinente devrait commencer à la date du dépôt du dossier.

Réponse de M. Zayed : Cette question est l’occasion d’apporter une précision concernant la possibilité d’ajouts au dossier de promotion. Le Comité d’évaluation est maître de sa procédure, et il a toujours accepté qu’au moment de la rencontre avec un professeur celui-ci ajoute à son dossier des pièces relatives à des activités survenues depuis le dépôt du dossier. Cette possibilité est offerte à tous les professeurs dont le dossier se retrouve devant le Comité d’évaluation, Elle est justifiée d’un point de vue humanitaire, compte tenu des conséquences catastrophiques d’un refus d’agrégation ou de permanence.


Question : Quand un professeur reçoit de son directeur une lettre précisant la période au cours de laquelle il peut faire une demande d’agrégation compte tenu de ses d’années d’expérience reconnues, peut-il faire une première demande de promotion au début de cette période, puis une seconde demande à la fin de cette période si sa première demande fait l’objet d’un refus?

Réponse de M. Portugais : Oui, cela a été confirmé, le professeur dans cette situation bénéficie en quelque sorte d’une période tampon et peut, le cas échéant, effectuer une seconde demande à l’intérieur des délais établis.

Réponse de Mme Boisvert : En réalité, à peu près tous les professeurs présentent leur dossier deux ans avant le terme de leur engagement, ce qui laisse en quelque sorte la possibilité d’une deuxième chance. Il faut toutefois distinguer cela de la promotion accélérée, qui n’est accessible  qu’aux professeurs qui ont véritablement un « dossier béton ».  


Question : Dans l’optique d’éviter l’inflation, comme cela a été recommandé par M. Zayed, comment doit-on présenter les communications qui font aussi l’objet d’une publication? Est-ce un problème si un même intitulé paraît sous ces deux rubriques? Si oui, doit-on privilégier l’un par rapport à l’autre?

Réponse de M. Zayed : Cela dépend du type de publication. Si la publication réside principalement dans le résumé, ou abstract, il ne faut pas l’inscrire à titre de publication. Toutefois, si vous avez fait une présentation orale et que votre présentation a fait par la suite l’objet d’une publication notamment dans les actes du colloque, vous pouvez en faire mention sous les deux rubriques.


Question : En ce qui a trait au choix des personnes que l’on suggère pour des lettres de recommandation, considérant que l’on souhaite éviter les conflits d’intérêts, serait-il tout de même mal vu de suggérer à la fois des chercheurs d’envergure internationale avec lesquels on collabore et des chercheurs avec lesquels on n’a pas de liens de collaboration?

Réponse de M. Portugais : La tradition institutionnelle, la règle non écrite, c’est d’éviter les collaborations directes. Mais M. Zayed pourrait apporter un complément de réponse à cette question.

Réponse de M. Zayed : Aux yeux du Comité d’évaluation, pour qu’une lettre soit crédible, il faut qu’elle se détache le plus possible du professeur. Si vous avez partagé une subvention sept ans auparavant avec un professeur et que depuis vous avez perdu contact, par exemple, on pourra considérer que l’avis sera pourvu d’une certaine objectivité. On vous suggère non seulement d’enlever toute possibilité de conflit d’intérêts, mais toute possibilité d’apparence de conflit d’intérêts.


Question : Il a été dit qu’il était possible d’ajouter des remarques à notre dossier à chaque étape du processus. Est-ce que cela peut inclure, sans qu’on ajoute une pièce au dossier, une remarque indiquant qu’un article qui était soumis pour publication au moment du dépôt du dossier a, depuis, effectivement été publié?

Réponse de M. Zayed : Dès que l’on a soumis son dossier, on ne peut plus y ajouter de nouvelles pièces. La seule possibilité, c’est dans le cas où, ultimement, le dossier se retrouve devant le Comité d’évaluation. Selon les règles actuelles du Comité, toute personne peut, alors, ajouter des documents à son dossier.

Réponse de Mme Boisvert : Ce que vient d’expliquer M. Zayed concerne l’ajout de pièces au dossier. Par ailleurs, à chaque étape que franchit le dossier, quand une décision est rendue, le professeur a le droit de consulter les documents qui attestent de ces décisions (procès-verbal d’assemblée départementale, lettre du directeur, etc.) et d’ajouter des remarques.

Réponse de M. Portugais : Le professeur devrait être proactif à cet égard. Il n’a pas à attendre qu’on lui communique les documents relatifs aux décisions et peut prendre l’initiative de demander d’en avoir copie. Même s’il ne peut y ajouter de pièces jusqu’à l’étape finale, le professeur peut avoir accès en tout temps à son dossier. Le professeur peut faire mention de la publication d’un article soumis, parmi les remarques apportées en cours de processus en vertu de la clause CP 4.04 de la convention collective.


Question : En ce qui concerne la titularisation, on est jugé sur les cinq dernières années et le curriculum vitae doit se limiter à cette période. Pour ce qui est de la lettre de présentation, est-ce que l’on peut et est-ce qu’il est recommandé d’évoquer les grandes lignes de sa carrière? Une personne qui a eu des enfants pendant cette période, par exemple, peut-elle faire référence aux huit ou neuf années depuis l’agrégation ou doit-elle strictement s’en tenir aux cinq dernières années?

Réponse de M. Portugais : Pour ce qui est des congés parentaux, la convention collective contient des clauses qui prévoient des éléments spécifiques devant être reconnus dans la déclaration qui accompagne le dossier du professeur (voir la clause AS 6). Le professeur peut ainsi y mentionner qu’il a élevé une jeune famille pendant la durée considérée pour la demande.

Réponse de M. Zayed : Le Comité d’évaluation prend en considération toutes les années depuis l’agrégation.

Réponse de Mme Boisvert : En fait, la période pertinente pour la titularisation correspond à toutes les années depuis l’agrégation. Évidemment, il y aurait lieu de s’interroger devant un dossier de demande de titularisation qui présenterait un déclin au cours des cinq dernières années. Dans tous les cas, il importera de faire une mise en contexte des faits saillants. Il peut s’agir d’une question de conciliation travail-famille, mais aussi d’autres situations telles que des problèmes de santé. Dans certains cas, le professeur peut aussi autoriser son directeur à apporter dans sa lettre les explications pertinentes.


Question : Les évaluations de l’enseignement faites par les étudiants comportent une partie chiffrée, ainsi que des commentaires libres. Il semble que, même pour les professeurs qui obtiennent des résultats au-dessus de la moyenne dans la partie chiffrée, la section sur les commentaires libres attire les extrêmes, alors que la majorité des étudiants ne s’y exprime pas. Est-il pertinent ou non d’inclure ces commentaires à son dossier?

Réponse de M. Portugais : Le professeur n’a aucune obligation de mettre à son dossier quelque pièce que ce soit liée à l’évaluation de l’enseignement. Dans les faits, les évaluations chiffrées sont toutefois incontournables, et le SGPUM ne recommande pas de verser les commentaires intégralement au dossier.

Réponse de Mme Boisvert : Cette année, sur 140 dossiers étudiés par le Comité de promotion, aucun ne contenait les commentaires des étudiants.


Question : Qu’est-ce que l’institution fournit comme documents aux personnes pressenties pour fournir des lettres de recommandation en appui à un professeur?

Réponse de Mme Boisvert : Essentiellement, l’institution fournit le dossier de publications du professeur, car l’enseignement est plutôt évalué à l’interne. On envoie aussi à ces personnes les dispositions de la convention collective et le guide d’évaluation des activités de recherche. Ce que l’on demande à cette personne, c’est une évaluation de la contribution scientifique du professeur. Le professeur a tout avantage de constituer à cette fin un dossier de publications user friendly. Les manuscrits soumis pour publication peuvent être ajoutés à cet ensemble.


Question : Est-ce donc dire que ces personnes sont des évaluateurs de notre dossier au même titre que les pairs, mais sur d’autres aspects à considérer?

Réponse de M. Portugais : D’une certaine façon oui, puisqu’elles formulent un avis sur une partie du dossier du professeur. Le professeur doit par ailleurs être attentif au fait que, même si c’est le directeur qui sollicite ces avis, il appartient ensuite au professeur de sélectionner les appuis de son choix, car c’est lui qui constitue son propre dossier de demande de renouvellement ou de promotion. S’il y a plusieurs lettres, il peut déterminer que l’une de celles-ci ne doit pas figurer dans son dossier.

Réponse de Mme Boisvert : C’est exact. Toutefois, il faut garder à l’esprit que le directeur ajoute au dossier la liste des personnes sollicitées. Un dossier qui ne comprendrait qu’une seule lettre pour six sollicitations, par exemple, laisserait une mauvaise impression. Ces personnes ne sont pas des évaluateurs du dossier du professeur, mais fournissent un regard. Il en est de même pour les subventions : au-delà des montants d’argent impliqués, ce que signifient les subventions qui figurent au dossier, c’est que le professeur a soumis une demande qui a été évaluée par des pairs qui ont posé un jugement favorable. Et il en est de même pour les publications évaluées par un comité de lecture. C’est la somme de tous ces regards extérieurs qui aident le Comité de promotion à prendre une décision.


Question : Combien de fois peut-on soumettre son dossier pour une demande de promotion?

Réponse de M. Portugais : Si l’on suit la filière normale, dans le cas d’un dossier d’agrégation, le professeur a la possibilité de présenter deux demandes. Mais si un professeur a reçu une mention dans sa lettre d’embauche que l’employeur lui reconnaissait une ou plusieurs années pour des fins de promotion , il peut décider de présenter plus tôt sa demande, cela qui lui donne un peu plus de temps pour faire des demandes additionnelles.

Réponse de Mme Boisvert : Effectivement, car le deuxième contrat d’adjoint est terminal. Comme le professeur peut présenter une première demande l’année précédant la dernière année de ce contrat, il peut refaire une demande en cas d’échec. Pour ce qui est de la titularisation, il n’y a pas de nombre d’années maximal, mais il est entendu qu’après un refus de promotion il faut se donner le temps de rehausser son dossier avant de présenter une nouvelle demande.

Réponse de M. Zayed : La situation peut-être la plus délicate est celle du professeur titulaire sans permanence. Ce cas est rare, mais il existe. Ce professeur doit à toutes fins pratiques soumettre son dossier après une année et demie pour obtenir sa permanence. Il dispose donc d’un laps de temps très court pour avoir un bon dossier. C’est une course contre la montre.

Réponse de M. Portugais : Il demeure que rien n’interdit à un professeur qui l’estime justifié de présenter une demande de titularisation après l’intervalle de son choix à la suite d’un refus. Cette décision est nécessairement circonstanciée. Il arrive qu’au moment où il compte présenter son dossier un professeur reçoive des conseils de la part de son directeur, de son doyen ou de collègues, qui le découragent d’aller de l’avant parce tel autre collègue fait aussi une demande de promotion. Il s’agit d’une question délicate, car la possibilité de demander une promotion n’est pas un privilège, mais un droit prévu à la convention collective. Normalement, un professeur ne devrait pas être privé de ce droit de soumettre une demande de promotion ni être évalué sur la base de paramètres extérieurs à son dossier. Si une telle situation se présente, le professeur devrait en informer son syndicat.


Question : Les lettres de soutien venant de l’interne peuvent-elles être un élément positif dans un dossier ou sont-elles complètement inutiles? En ce sens, est-ce une bonne chose d’ajouter des lettres de soutien aux lettres de recommandation normalement exigées.

Réponse de Mme Boisvert : Il n’y a pas de réponse tranchée à cette question. Si le professeur travaille dans un centre de recherche, s’il possède une expertise unique, s’il est membre d’une vaste équipe de recherche et s’il est le seul de son unité à faire partie de ce centre de recherche, une lettre du directeur du centre en question ne ferait pas de tort. Cependant, les lettres de soutien ordinaires n’ajoutent en général rien au dossier.


Question : Il y a une partie de l’engagement du professeur dont ne peuvent rendre compte que les gens avec lesquels il travaille. Ne faudrait-il pas dès lors diversifier les lettres jointes au dossier?

Réponse de M. Portugais : Pour ce qui est de l’évaluation de l’enseignement et de l’encadrement, les pairs de l’unité peuvent en effet évaluer le travail du professeur. Pour ce qui est de la recherche, la tradition institutionnelle est d’aller chercher des experts externes.

Réponse de Mme Boisvert : Cela dit, il faut tenir compte du domaine, de la discipline. Parfois, le nombre de personnes ayant l’expertise pour évaluer la contribution scientifique d’un professeur est limité. Mais c’est là une exception. En général, le fait d’inclure des lettres de collègues qui sont en trop grande proximité non seulement ne donne rien, mais crée une mauvaise impression.


Question : Dans certains domaines, les conférences sont très importantes et sont soumises à l’évaluation de comités, qui souvent sont faites à l’aveugle. Comment mettre en valeur ces réalisations qui ne sont pas des publications? Et comment éventuellement soumettre son dossier de promotion à l’appréciation d’un évaluateur externe susceptible de faire aussi partie d’un comité appelé à porter un jugement à l’aveugle sur la contribution de ce professeur ?

Réponse de M. Zayed : Il appartient au professeur de décider ou non d’inclure ces contributions dans son dossier. On peut penser qu’il est plus avantageux pour lui de les inclure.

Réponse de Mme Boisvert : Il s’agit d’un cas de figure un peu particulier. Dans ce cas, le professeur pourrait choisir de mentionner cette réalisation dans son dossier, mais de ne pas l’inclure dans le dossier fourni aux évaluateurs externes.


Question : Un professeur qui compte des publications dans plusieurs langues mais qui soumet son dossier de publications à des personnes qui ne maîtrisent pas nécessairement toutes ces langues doit-il prévoir fournir des traductions, surtout lorsqu’il s’agit de langues autres que l’anglais et le français?

Réponse de M. Portugais : Il est de la responsabilité du professeur de constituer son dossier. Le cas échéant, il devrait notamment voir à ce que la lettre accompagnant le dossier soit dans une langue comprise par l’évaluateur.

Réponse de Mme Boisvert : Il arrive qu’un évaluateur externe soit en mesure de se prononcer favorablement en se fondant sur une partie seulement du dossier de publications écrite dans une langue qu’il comprend, si cette contribution scientifique est de haut niveau. Par ailleurs, pour éviter l’effet d’inflation, il y a lieu, le cas échéant, d’indiquer qu’une publication est une traduction d’un article déjà publié dans une autre langue. Et ce fait n’est pas nécessairement négatif, puisqu’il peut être un indice du rayonnement du professeur à l’étranger. Il est préférable de présenter les choses telles qu’elles sont.


Question : Le professeur doit-il inclure toutes ses publications dans son dossier ou sélectionner les meilleures?

Réponse de M. Portugais : Il faut mettre dans le curriculum vitae toutes les publications qui correspondent à la période pertinente. La reproduction papier de ces publications est présentée en annexe et n’est transmise qu’aux évaluateurs.

Réponse de Mme Boisvert : Les annexes sont traitées à certains niveaux, notamment par les pairs, mais ne sont pas transmises au Comité de promotion. Le jugement du professeur intervient quant aux publications à inclure ou non à son dossier, mais il est entendu que celles-ci doivent refléter de façon significative sa production.


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