Le billet du clinicien : Dre Marie Le Cornec

13 décembre 2016

En ces temps troubles, j’aimerais vous faire de part de mon expérience et de mes réflexions en tant que professeure clinicienne à la Faculté de médecine vétérinaire (FMV). Mon parcours n’a rien d’exceptionnel parmi les cliniciens.

J’ai été engagée en 2001 pour répondre à une demande de l’AVMA (Americain Veterinary Medical Association) de créer une clinique de médecine générale à la FMV avec ma collègue Dre Lemay qui tient ce service à bout de bras depuis le début. Au fil des années, d'autres cliniciens impliqués et compétents se sont joints à notre équipe. Cette équipe ne comporte pas de professeur régulier dans ses rangs et encadre le stage de tronc commun de nos étudiants finissants dans les animaux de compagnie, stage qui est, selon tous les retours reçus, très apprécié.

Je me suis sentie, dès le début, soutenue et respectée par mes supérieurs, particulièrement Dr Vrins, Dre Blais et Dr Dubreuil. J’ai eu envie de m’impliquer davantage. J’ai pris en charge le programme d’internat des animaux de compagnie pendant 7 ans, j’ai été membre du comité des stages, j’ai participé à plusieurs cours, j’ai donné quelques conférences à l’Association des Médecins Vétérinaires du Québec, fière que j'étais de représenter la FMV. Mais ce qui m’a le plus motivée dans mon travail, c’est de superviser les étudiants dans le cadre de leur stage clinique, de leur apprendre le professionnalisme et la relation de confiance essentielle à établir avec les clients, la rigueur de la démarche médicale, la valeur de l’implication dans tout ce qu’on fait. J’adore mon travail. J’aime avoir le sentiment que ce que je transmets aux étudiants les suivra dans toute leur vie professionnelle. C’est de la pédagogie dans le monde réel.

Je vois autour de moi des cliniciens et des responsables de formation qui sont des gens d’exception, qui sont parfois des spécialistes dans leur domaine, qui ont des compétences et des expériences différentes des miennes, mais qui tous ont le feu sacré et qui font bien plus que le minimum requis par leur fonction.

Croyez-vous vraiment que ce feu sacré se serait développé dans la boîte où on tente actuellement de nous faire entrer ? Croyez-vous que les conditions sont suffisamment intéressantes en comparaison du privé, particulièrement pour les spécialistes, pour retenir un personnel enseignant amputé de son autonomie et de sa reconnaissance?

La FMV a un joyau entre les mains qui se sent traité comme un bien jetable dans le cadre des négociations actuelles. J’espère sincèrement que la direction locale saura percevoir cela et participer à une reconnaissance de sa valeur auprès des représentants de l’Université de Montréal.

Respectueusement,

Marie Le Cornec

D.M.V., I.P.S.A.V.

Clinicienne au Service de pratique générale

Faculté de médecine vétérinaire



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