Le billet du clinicien : Dre Pascale Benoist

15 décembre 2016

Je suis enseignante à la Faculté de médecine vétérinaire depuis plus de quinze ans. J’enseigne en anatomie autant en cours magistral qu’en laboratoire en plus de participer à la majorité des stages précliniques des animaux de compagnie, et ce  de la première année jusqu’à la fin de la quatrième année.

Ce qui me nourrit dans mon métier est de voir les étudiants se développer tout le long de ce parcours et de contribuer à ce développement, de voir leurs yeux s’allumer quand ils ont compris un concept abstrait comme les plèvres,  quand ils sont vraiment capables de palper un nœud lymphatique ou qu’ils réussissent pour la première fois à poser un cathéter.

Comment les aider dans leur développement est pour moi une préoccupation quotidienne : trouver des images pour rendre concrètes des notions floues, donner des exemples de cas cliniques pour leur faire comprendre l’importance des structures anatomiques, développer des modèles interactifs sur lesquels se pratiquer et acquérir de la confiance avant de poser des gestes cliniques sur les animaux, les observer, les conseiller, les aider à gérer leur stress face à des situations très exigeantes comme des situations cliniques qui demandent la maitrise et l’intégration de nombreuses notions.

Je ne suis pas seule ainsi, car je sens cette même motivation chez tous les professeurs cliniciens. Nous sommes au cœur de l’acquisition des aptitudes cliniques et de l’intégration de toutes les connaissances acquises. Nous intervenons fréquemment dans la création pédagogique. Les compétences que nous avons acquises au fil des ans, notre souci pour un enseignement de qualité et pertinent auprès des étudiants, tout cela montre bien que nous devons  être impliqués dans l’élaboration des programmes et dans les décisions qui touchent l’enseignement.

 Et c’est pourquoi je me sens rabaissée et amère lorsque, dans le cadre des négociations avec les représentants de l’administration de l’Université de Montréal,  je constate que notre direction refuse encore de nous reconnaitre pleinement sur le plan académique. En effet, la direction a démontré à travers ses propositions déposées à la table de négociation qu’elle veut nous tenir le plus loin possible des décisions reliées à l’enseignement :

  • en visant notre rattachement à une unité administrative qui n’a aucun pouvoir sur l’enseignement (plutôt qu’à un département);
  • en nous imposant sans discussion l’intégralité de notre tâche;
  • en ne permettant qu’une représentation symbolique dans les instances décisionnelles (réunions de département et de faculté);
  • en refusant de reconnaitre notre rôle dans la création, la mise à jour et le développement des activités d’enseignement clinique ;
  • en niant l’impact positif de notre contribution sur le rayonnement et la visibilité de notre institution.


Dre Pascale Benoist

Responsable de formation clinique

Faculté de médecine vétérinaire


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