Le recteur de l'UdeM à la rencontre du milieu des affaires: jusqu'où ira la convergence?

17 octobre 2011

« Les cerveaux [doivent] correspondre aux besoins des entreprises », affirmait le recteur Guy Breton dans un récent débat public. « Le savoir est-il à ce point malléable? », peut-on être tenté de répliquer.

Le Devoir du 7 octobre 2011 nous informait du vibrant appel à l’union des milieux universitaires et d’affaires, lancé par le recteur Guy Breton dans le cadre des Rendez-vous du savoir 2011, organisés par le Conseil des relations internationales de Montréal. Le représentant de l’UdeM a poursuivi sur cette enthousiaste lancée : « Pourquoi on ne fait pas un branding international fort? Pourquoi on n’a pas un portail, un genre de Facebook pour nous promouvoir ?, a-t-il dit. On pourrait même penser à une sorte de foursome qui comprendrait l’entreprise et l’université locale et la maison mère à l’étranger ainsi que l’université avec qui elle fait affaire. »

Autant qu’ils puissent paraître stimulants, ces propos ont de quoi semer l’inquiétude dans un contexte où la ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, a choisi de réinscrire à la 39e législature le litigieux projet de loi no 38, qui modifie la gouvernance des universités. Ce projet, contesté en bloc par le milieu universitaire, prévoit une concentration des pouvoirs aux mains de conseils d’administration des universités dont au moins 60 % des membres devraient se qualifier comme membres « indépendants » – alors que seraient affaiblies les instances pluralistes et délibératives telles que l’Assemblée universitaire.

Entre autres critiques, le milieu universitaire doute grandement de la validité de la notion d’« indépendance » soutenue par le projet de loi. Le SGPUM et les autres organisations syndicales ont réclamé le maintien de la collégialité et d’un équilibre des pouvoirs, tout en soulignant l’importance d’une représentation diversifiée des secteurs d’activité sociale – qu’il s’agisse de la culture, de l’éducation, de l’intervention sociale et communautaire, au même titre que des entreprises à but lucratif – au sein des conseils d’administration des universités.

L’Université de Montréal servira-t-elle vraiment le bien commun si elle se livre sans retenue au milieu des affaires? Comment empêcher un tel assujettissement?


Article paru dans Le Devoir : « Appel à l’union des milieux universitaires et d’affaires »

Projet de loi no 38

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