Lettre ouverte d’une professeure clinicienne à la direction de l’Université

05 décembre 2016

Saint-Hyacinthe, 5 décembre 2016.

Monsieur le recteur Guy Breton,

Mesdames et messieurs membres de l’équipe du rectorat,

Mesdames et messieurs membres du Conseil de l’Université de Montréal,

Mesdames et messieurs membres de la Direction de la Faculté de médecine vétérinaire.

C’est avec beaucoup d’enthousiasme que j’ai abordé le processus de syndicalisation des cliniciens de la Faculté de Médecine Vétérinaire. J’y voyais enfin l’aboutissement des travaux et discussions de la part de la direction et des cliniciens qui avaient eu lieu depuis mon engagement en 2003. Docteurs Pascal Dubreuil et  André Vrins, à ce moment vices-doyens de la Faculté de Médecine Vétérinaire,  avaient fait un travail énorme afin de régulariser notre statut avant que ce projet ne soit abandonné. Ces travaux sont nés d’un réel désir de part et d’autre d’intégrer les cliniciens comme collègues à part entière des professeurs de carrière dans l’institution.

Je suis extrêmement déçue de la tournure des évènements. Je sens que vous êtes complètement fermés à nos demandes qui sont pourtant légitimes. Je croyais que mon rôle de premier plan dans l’enseignement aux étudiants et le service à la clientèle faisait de moi une personne clé dans la réalisation de la mission de la Faculté de Médecine Vétérinaire d’offrir un enseignement de qualité aux médecins vétérinaires, en adéquation avec les exigences de la profession et de ses différentes clientèles.  J’espérais que cela m’octroierait la possibilité d’être entendue, écoutée dans ma tâche essentielle d’enseignement, en partenariat avec mes confrères/sœurs du corps professoral.  

Quelles sont les demandes des cliniciens au fond ? Nous voudrions seulement être reconnus et  faire réellement partie de la Faculté de Médecine Vétérinaire. Nous aimerions avoir un réel sentiment d’appartenance à notre milieu de travail universitaire, en être de fiers ambassadeurs. Je ne suis plus du tout certaine que c’est aussi votre volonté. Comme si le travail quotidien que je fais à la Faculté de médecine vétérinaire depuis plus de 13 ans, tant dans l’enseignement au premier et deuxième cycles, dans l’aide au fonctionnement de la clinique ambulatoire bovine que dans ma petite mais convaincue contribution au rayonnement de cette belle institution, telle une petite fourmi à l’œuvre, n’avait aucune valeur et ne méritait pas d’être reconnu.

Plusieurs défis sont à l’horizon de la Faculté de médecine vétérinaire : la formation de cohortes d’étudiants plus grandes, la réalisation d’une évaluation des compétences de ces étudiants qui réponde aux attentes, les restrictions budgétaires, la fin du programme ASAQ tel qu’on le connait, la compétition entre les centres privés et publics pour l’octroi d’axes de recherche, l’attraction et la rétention du personnel enseignant et plusieurs autres. Pourquoi ne pas faire des cliniciens une partie prenante de la solution ?  C’est le défi relevé  par la très grande majorité des Facultés Vétérinaires en Amérique du Nord. Je vous invite bien humblement à réviser votre position face à la négociation de cette première convention collective avec les cliniciens en y accordant autant de considération que nous-même en accordons à notre travail.

Confraternellement,

Anne-Marie Bélanger, DMV

Clinique ambulatoire bovine du Centre Hospitalier Universitaire Vétérinaire

Faculté de médecine vétérinaire

c.c. : Membres de l’Assemblée universitaire.

N.B. : La présente lettre a reçu l’appui de l’ensemble des professeurs cliniciens de la Faculté de médecine vétérinaire.


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Qui sont les Professeurs-cliniciens et que veulent-ils?

Les 45 professeurs-cliniciens de la Faculté de médecine vétérinaire se sont syndiqués en 2015. La majorité d’entre eux exercent leur enseignement dans le cadre du Centre Hospitalier Universitaire Vétérinaire (CHUV). Ils assurent principalement des tâches d’enseignement selon diverses méthodes et formules pédagogiques dont, spécifiquement, l’encadrement d’étudiants de tous les cycles d’étude lors de la fourniture de soins et de services de médecine vétérinaire. Depuis des années, ils sont considérés comme des prestataires de service et non comme des enseignants. Voilà le cœur du différend. Ils veulent maintenant être reconnus de plein droit pour ce qu’ils sont, des professeurs, docteurs en médecine vétérinaire, souvent des médecins spécialistes, qui se dévouent d’abord et avant tout à l’enseignement à la Faculté de Médecine Vétérinaire de l’Université de Montréal, dans les départements de Sciences Cliniques, Pathologie et Microbiologie et Biomédecine Vétérinaires. Ils veulent être reconnus pour ce qu’ils font : enseignement, supervision et souvent direction des étudiants en cours de stage et dans les programmes d’internat et de résidence, et/ou participation aux projets de recherche, et/ou participation au fonctionnement de l’institution. Plus spécifiquement, ils désirent obtenir certains droits politiques sur les sujets qui les concernent, un droit de regard sur leurs tâches de travail, sur l’embauche et l’octroi d’une permanence.

Le Syndicat Général des Professeurs de l’Université de Montréal, SGPUM, regroupe plus de 1300 professeurs réguliers à l’Université de Montréal. Il a été accrédité pour représenter les professeurs-cliniciens de la Faculté de Médecine Vétérinaire de l’Université de Montréal le 23 juin 2015 (décision de la juge administrative, Mme France Giroux). Depuis près d’un an, la négociation de la première convention collective des Professeurs-cliniciens, piétine et ce malgré la présence d’un conciliateur nommé par le Ministère du Travail depuis l’été dernier. La direction universitaire ne montre aucun signe d’ouverture. Quelques gains ont été faits à l’arraché, mais cela est insuffisant. C’est pour cela que les Professeurs-cliniciens ont voté en faveur de la tenue de 12 jours de grève après avoir rejeté à l’unanimité la dernière proposition patronale. 

La négociation doit reprendre mercredi le 7 décembre.




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