Pour le SGPUM, la réforme du PEQ est contre-productive

07 novembre 2019

Malgré l’ajustement à la réforme du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) permettant de préserver les droits des personnes qui sont déjà au Québec, il faut continuer de la dénoncer puisqu’elle imposera des barrières importantes à l’enseignement supérieur et à la recherche. La diversité et la richesse de l’enseignement et de la recherche universitaire ne doivent en aucun cas être subordonnés aux besoins du marché du travail, lequel est en constante évolution. Cette réforme prévoit en effet une liste, révisée annuellement, de 218 secteurs de formation admissibles permettant à des étudiants de bénéficier du PEQ, générant par le fait même un niveau d’incertitude inacceptable pour les talents que nous nous efforçons d’attirer au Québec. De plus, malgré l’importance qu’ils auront au cours des prochaines années, plusieurs domaines de formation ne se retrouvent pas sur cette liste. Cette incertitude nuira sans aucun doute à la capacité des universités québécoises d’attirer les étudiants internationaux. Soulignons également le caractère imprévisible du développement scientifique et technologique à moyen terme, mettant en péril de manière évidente et inéluctable plusieurs avenues de développement de la société québécoise.

Nous partageons le point de vue de plusieurs milliers de professeurs, du recteur de notre université, Guy Breton, et de la FAÉCUM. Nous croyons fermement que cette réforme, en privant les personnes intéressées à étudier et à participer activement au développement du Québec, nous prive toutes et tous des talents nécessaires pour contribuer à l’avancement des connaissances scientifiques dans des domaines variés, en plus d'aller à l'encontre d'une logique d'intégration. Il est important que le gouvernement mise sur les universités québécoises pour le rôle qu’elles peuvent jouer dans le processus d'accueil des nouveaux arrivants.

Il nous apparaît clair que cette réforme se fait en porte-à-faux avec les expertises scientifiques en ces matières. Il est déplorable que de telles politiques se fassent sans consulter et profiter de la richesse intellectuelle à la disposition du gouvernement.

Nous joignons donc notre voix à celles de plusieurs autres pour demander au gouvernement de surseoir à cette réforme le temps de mener les consultations nécessaires. Nous soulignons par ailleurs deux idées qui devraient guider les réflexions en ce sens : 1) une liste de programmes est incompatible avec une société du savoir dans toute sa diversité, particulièrement avec la croissance des programmes interdisciplinaires ; 2) les études ne sont pas qu'une passerelle vers l'emploi mais constituent le socle d'un projet de vie au Québec pour de nombreux étudiants immigrants.


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