Santé et sécurité au travail - Qu'est-ce que le syndrome de l'édifice fermé ?

17 novembre 2015

Syndrome de l’édifice fermé au Pavillon Lionel-Groulx

Depuis plusieurs années des professeurs se plaignent de divers malaises lorsqu’ils sont au travail au Pavillon Lionel-Groulx, en particulier de maux de tête, de nausées, de fatigue, de somnolence, d’irritation des yeux, du nez et de la gorge.  Plusieurs professeurs ont également indiqué qu’ils se présentaient à leur bureau le moins possible, préférant travailler de la maison.  Le Comité paritaire de Santé sécurité au travail a été saisi de ces problèmes.  Suite aux interventions des collègues au Comité paritaire de Santé et sécurité, une consultante externe a fait des mesures des niveaux de CO2 et de microorganismes au Pavillon Lionel-Groulx. Dans son rapport, les niveaux de CO2 mesurés correspondaient aux normes généralement acceptées par l’American Society of Heating, Refrigerating and Air-Conditioning Engineers (ASHRAE).

Un second expert a validé la méthodologie utilisée pour réaliser ces analyses à l’automne 2013, mais il a remis en question l’approche et le choix de l’échantillonnage fait par la consultante. À la suite de ces deux études, le Vice-recteur aux finances et aux infrastructures a transmis le 16 juin 2014 aux professeurs un communiqué dans lequel il concluait que la qualité de l’air dans le Pavillon Lionel-Groulx rencontrait toutes les normes et les recommandations reconnues par l’ASHRAE et, surtout, qu’il n’y avait pas lieu de tenir des analyses supplémentaires dans le Pavillon.

La direction de l’Université a néanmoins procédé à l’inspection du système de ventilation du Pavillon et réalisé plusieurs réparations et modifications dans le système, notamment en ce qui a trait à son recalibrage.

Malgré ce qui précède, les collègues ne semblent pas avoir observé d’amélioration appréciable de leurs symptômes comme en témoignent les résultats d’un sondage réalisé par le Comité SGPUM-SST en décembre 2014.

En effet, en décembre 2014, le Comité SST-SGPUM a fait parvenir à tous les professeurs du Pavillon Lionel-Groulx un questionnaire pour connaître l’ampleur du problème. Celui-ci a été envoyé aux 290 professeurs œuvrant au Pavillon. 132 (46%) professeurs ont complété ledit questionnaire. Quarante-trois pourcent (43%) des répondants ont rapporté ressentir des symptômes ou des malaises lorsqu’ils sont au travail. Ces symptômes comprennent : maux de tête (64%), irritation des yeux, du nez ou de la gorge (57%), lassitude (40%), congestion des sinus (34%), étourdissements (21%), troubles respiratoires (21%), difficultés de concentration (17%) et toux (17%). Ces symptômes apparaissent généralement après quelques heures passées dans l’édifice. Dans 83% des cas, ces symptômes s’estompent au cours de la nuit pour réapparaître le lendemain, lors du retour au bureau.

Ces résultats suggèrent que les usagers du Pavillon Lionel-Groulx pourraient être atteints du Syndrome de l’édifice fermé (Sick Building Syndrome).  Ce syndrome est défini ainsi dans le Guide technique pour l’évaluation de la qualité de l’air dans les immeubles à bureaux publié par Santé Canada (1995) :

« Série de symptômes qui sont liés à une exposition d’ordre chimique, particulaire ou biologique et que l’on ne peut attribuer à une cause spécifique, mais qui s’atténuent lorsque l’occupant quitte le bâtiment. Les symptômes signalés comprennent en particulier maux de tête, nausées, fatigue, somnolence, irritation des yeux, du nez et de la gorge ».

Dans ce même document, on précise que de nombreux facteurs sont à l'origine des plaintes formulées par les occupants. Il peut s'agir de mécanismes relevant de la chimie, de la microbiologie, de la physique, de la psychologie. En dépit de la complexité et de la multiplicité des facteurs possiblement en cause, le contrôle des sources de contaminants constituerait le meilleur moyen pour améliorer la qualité de l'air dans des édifices fermés. L’analyse d’échantillons d’air, notamment la quantité de CO2, peut ne pas signaler la présence de concentrations importantes d’un contaminant quelconque : le problème de la mauvaise qualité de l’air dans un édifice fermé peut souvent s’attribuer aux effets combinés de nombreux polluants présents en faible concentration, combinés à d’autres facteurs environnementaux. Pour dresser un portrait complet de la situation, une analyse multifactorielle s’impose, ce qui n’a pas été fait jusqu’ici.


Quelles seraient les pistes de solution ?

Après notre consultation auprès d’experts scientifiques et médicaux, l’hypothèse la plus plausible serait que les systèmes de ventilation de l’Université présentent des failles importantes. De telles défectuosités ne seraient pas uniques à l’UdeM et pourraient être analogues à la situation vécue à l’édifice Leacock de l’Université McGill (le système de ventilation y a été complètement remplacé il y a quelques années et cette mesure aurait réglé définitivement le problème). C’est pourquoi, au cours des mois à venir, nous poursuivrons nos interventions en ce sens, auprès du comité paritaire et de la direction de l’Université. 

Les professeurs peuvent contribuer à faire progresser le dossier plus efficacement en nous aidant à documenter les situations vécues.  Pour ce faire, le Comité SGPUM-SST invite tous les collègues qui présentent des symptômes à nous contacter pour nous rapporter tout symptôme lié au Syndrome de l’édifice fermé et à consulter l’un des deux médecins spécialistes identifiés pour ce dossier.

Contactez le secrétariat du SGPUM (sgpum@umontreal.ca) pour obtenir les numéros de téléphone requis pour prendre un rendez-vous à l’Institut. La confidentialité médicale est assurée par l’Institut. Votre contribution est essentielle pour résoudre ce problème le plus rapidement possible.

Le Comité SGPUM de Santé et sécurité au travail.

Tony ANTAKLY, porte-parole (Département de biochimie et de médecine moléculaire, Faculté de médecine)

Mélanie DUFOUR-POIRIER (École de relations industrielles, Faculté des arts et sciences)

Richard WARREN (Conseiller syndical, SGPUM)


NB : Dans le présent texte la forme masculine désigne aussi la forme féminine.



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